TOGO
Une expérience d’aide à la mise en place de micro-crédits avec le FAGAD
TOGO
Une expérience d’aide à la mise en place de micro-crédits avec le FAGAD
Un projet de démarrage d’un programme de micro – crédits dans le cadre des activités de l’Association Frères Agricoles et Artisanaux pour le Développement (FAGAD) au Togo.
Au cours d’un séjour dans ce pays, vers la fin du mois d’avril 2008, j’ai répondu à une invitation d’un certain Kossi Ayeh. Il est le fondateur il y a environ 25 ans d’un organisme caritatif, Frères Agricoles et Artisanaux pour le Développement. Il le dirige encore aujourd’hui, et petit à petit il étend le champ des actions à travers la totalité du pays.
L’invitation était de voir Adeta, sur le Plateau, à 150 kms au nord du capital Lome. Il s’agit d’un grand village tellement proche de la frontière du Ghana que le téléphone mobile Orange s’allume en disant « Welcome to Ghana ». L’objet de l’invitation : aider la mise en place du cadre de gestion de micro – crédits.
Une jeune française a pris un congé dans son travail pour passer 3 mois au pays dans le but d’aider le FAGAD. La mission que Kossi lui a octroyée: le lancement d’un programme de micro – crédits. Dans un premier temps, dans la région d’Adeta. Il est prévu d’accorder des micro – crédits aux personnes plutôt qu’aux groupements. L’expérience a prouvé que certains travaillent comme des forcenés, et la plus grande partie des membres en profitent sans faire grande chose. Kossi voulait que j’aide la jeune française à établir une méthodologie pour la gestion du programme de micro – crédits.
Les étapes identifiées pour ce type de démarche :
1Rencontre avec les postulants pour tenter de comprendre la nature et l’étendu de leur démarche
2Rencontrer la personne ou la famille souhaitant de bénéficier d’un prêt
3Tenter de traduire les besoins en termes de financement nécessaire pour se lancer dans l’activité choisie
4Tenter d’élaborer un compte de résultat: les charges en face du chiffre d’affaires
5En fonction des chiffres tirés de cet exercice, envisager comment le micro – crédit pourrait être remboursé.
6Ensuite donner un avis : favorable ou non, ou éventuellement revenir avec des informations plus sûres.
La faculté de remboursement est une condition essentielle pour l’octroi d’un micro – crédit. Et j’ai assisté à une première réunion pour donner mon avis sur le bien – fondé d’un projet.
Une partie de l’argent pour le financement de ce programme était offert par des
Experts-comptables de la région de Lille lors d’une rencontre avec Jean – Michel Aulas. Avec Gaston Dufour nous avons animé un petit stand. J’ai arrondi la somme collectée à 500 Euros.
Les activités que les postulants ont voulu exploiter entraient dans une gamme assez large. Ci – joint quelques exemples :
-une personne préparant et vendant des salades et des sandwiches sur les marchés locaux,
-un vendeur d’essence dans le village,
-une activité d’achat et de revente de charbon de bois,
-l’achat et la vente de vêtements sur les marchés autour d’Adeta,
-l’achat et la vente de poisson sur le marché.
Pour démontrer la rigueur dans la gestion, Kossi a mis en place une commission qui doit recevoir les postulants. Après les avoir entendus, et en fonction des données sur l’évolution possible de l’activité, la commission donne son avis : favorable ou non.
Souvent les postulants sont des femmes seules avec une famille à élever. La distribution du charbon de bois est une activité essentielle. Les gens de la région n’ont pas les moyens de s’offrir des bouteilles de gaz pour cuisiner, ou encore moins pour payer la note d’électricité.
La prochaine étape consiste à montrer à ces personnes comment tenir une petite comptabilité pour savoir où elles en sont financièrement. Les activités sont si petites que l’inspecteur des impôts du coin ne s’y intéresse pas.
C’est pour moi un moyen d’exploiter mes connaissances et mes compétences en comptabilité pour aider les gens démunis à survivre. Mon expérience apporte la preuve que les bénéficiaires sont très reconnaissants à cette aide. Et surtout les femmes font le maximum pour rembourser leurs emprunts afin de permettre aux autres femmes de bénéficier à nouveau de prêts.
Martyn Totmann
Septembre 2008